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L'histoire fait le futur

Syngenta
27.11.2020

20 Jahre Syngenta

Syngenta est née il y a 20 ans de la fusion des divisions agrochimiques de Novartis et d’AstraZeneca. Depuis, fidèle à sa devise « Bringing plant potential to life », la société soutient les agriculteurs du monde entier par ses innovations révolutionnaires. Mais les origines de Syngenta remontent à bien avant l’an 2000. Les visionnaires qui avaient fondé en 1758 l’entreprise Geigy, qui allait plus tard devenir Syngenta, auraient difficilement pu s’imaginer que l’entreprise fleurirait jusqu’au 21e siècle.

Tout en contemplant avec fierté nos réalisations et notre histoire, nous jetons aussi un regard plein d’enthousiasme sur ce qui nous attend. La création de Syngenta Group en 2020 nous ouvre encore plus d’opportunités de fournir aux agriculteurs les meilleures innovations et de les aider ainsi à nourrir la population mondiale de manière sûre, durable et dans le respect de notre planète.

A l’occasion du 20ème anniversaire de Syngenta, notre très estimé collaborateur de longue date Matthias Brandl, directeur de la Recherche et du développement des agents biologiques, nous parle de son parcours dans l’entreprise et des prometteuses façons d’utiliser les traitements biologiques dans l’agriculture moderne et durable. En complément, Christian Saglini, directeur du marketing client Biocontrôles pour les marchés allemand, autrichien et suisse, nous parlera de l’utilisation des agents biologiques dans l’agriculture suisse, avec le programme de traitement Vario pour la viticulture.

Entretien avec Matthias Brandl (directeur R&D Biologicals) sur le thème du 20ème anniversaire de Syngenta

Depuis quand travailles-tu pour Syngenta, et qu’est-ce qui t'a amené à y travailler?

Mon premier jour de travail, à l’époque dans l’entreprise Ciba-Geigy AG, qui allait devenir plus tard Syngenta, remonte presque jour pour jour à il y a 33 ans – c’était le 1er décembre 1987. Avec en poche mon diplôme de biologie/microbiologie/fermentation dans la recherche phytosanitaire, j’ai été directement embauché comme directeur de labo dans le nouveau domaine Basic Research Microbiology. Ayant grandi dans une région rurale de la Forêt noire, j’ai côtoyé le monde agricole dès mon enfance et dans ma jeunesse. Déjà à l’époque, je m’intéressais à la biologie et j’étais émerveillé par la multitude de possibilités dont dispose la nature pour lutter contre les maladies cryptogamiques, les adventices et les insectes, et notamment par la fascinante variété des micro-organismes présents dans la nature.

La photo de gauche a été prise lorsque je suis arrivé dans l’entreprise, il y a 33 ans. A droite, c’est moi maintenant. 

Syngenta Matthias Brandl

3 ans, c’est impressionnant ! Es-tu toujours resté dans le département Biologicals?

Non. Après 10 années passées à la recherche axée sur les substances naturelles et les agents biologiques (notamment Bacillus thuringiensis), je me suis détourné de ce domaine pour travailler dans le domaine commercial des produits de synthèse. Pendant les 15 années qui ont suivi, j’y ai occupé divers postes, par exemple dans la gestion de produits, la direction marketing régionale et le Business Development. Au Business Development, nous nous sommes penchés de près il y a quelques années sur les agents biologiques et avons mis sur pied divers projets d’importance. Du coup, j’ai à nouveau passé environ 6 ans dans la recherche, et depuis, j’apporte au domaine Biologicals toute l’expérience que j’ai accumulée aux divers postes que j’ai occupés pendant ces 33 années ainsi que mon enthousiasme et mon savoir-faire. Tout au long de ma carrière, j’ai eu la chance de participer à de nombreux projets et produits passionnants, qui m’ont amené à travailler en Suisse (à Bâle), aux USA (en Floride et en Caroline du Nord), et en Espagne (à Madrid).

Quel est le mode d'action de vos agents biologiques?

Nos agents biologiques offrent toutes sortes de possibilités et d’approches pour lutter contre les insectes indésirables, les maladies cryptogamiques et les adventices. Elles peuvent en outre contribuer grandement à la stimulation des plantes.

Nos agents biologiques se divisent en quatre grands groupes technologiques:

  • Les extraits de plantes
  • Les macro-organismes tels que les insectes auxiliaires, qui permettent de lutter contre les ravageurs tels que les ichneumonidés, des guêpes parasites
  • Les micro-organismes tels que les bactéries, les champignons et les virus
  • Les solutions à base d’ARN : cette technique consiste à injecter dans la plante de l’ARN hautement spécifique double brin, que les ravageurs absorberont en mangeant la plante. Une fois ingéré, l’ARN stoppe la synthèse de protéines essentielles et neutralise ainsi l’agent pathogène ou le ravageur.

A ton avis, pourquoi les stratégies biologiques de protection des plantes auront de plus en plus d’importance dans l’agriculture moderne ?

La recherche de nouveaux principes actifs pour protéger les plantes se complique de jour en jour et revient à chercher une aiguille dans une botte de foin : sur 160 000 substances individuelles testées, une seule est finalement commercialisée comme moyen de protection des cultures. C’est pourquoi les agents biologiques, sources de nouveaux mécanismes actifs, ont un rôle plus en plus important.

En travaillant avec les agents biologiques, on fait appel à la créativité de la nature, qui a su créer au fil de millions, voire de milliards d’années, d’innombrables mécanismes de défense intéressants et pour la plupart inconnus jusqu’ici.

En plus, la majeure partie des agents biologiques déploient plusieurs mécanismes d’action et offrent donc des instruments précieux pour lutter contre les résistances, y compris dans les cultures PER (prestations écologiques requises) ou PI (production intégrée). Elles viennent en complément des produits de synthèse, mais aussi des stratégies de protection des cultures où le fournisseur ou le transformateur prescrivent un nombre maximal d’agents actifs dans le produit fini, par exemple dans la viticulture ou la culture des fruits et légumes (optimisation des résidus).

Sur notre site R&D de Stein (AG), Syngenta travaille surtout sur les deux axes suivants :

  1. La bioprotection, qui consiste à lutter contre les ravageurs tels que les insectes, les acariens, les adventices et les maladies cryptogamiques avec d’autres organismes. Les moyens d’action sont variés et peuvent reposer sur la compétition pour la nourriture, l’élimination, le parasitisme, l’inhibition directe ou d’autres mécanismes naturels.
  2. La biostimulation, qui consiste à permettre à la plante de mieux pousser en optimisant l’absorption des substances nutritives par la stimulation de processus métaboliques essentiels dans la plante, ou même par la protection contre des facteurs environnementaux abiotiques tels que la sécheresse, la chaleur, le froid, etc. Pour ces produits, la R&D fait appel à des techniques moléculaires et analytiques d’un nouveau genre.

Dans quel domaine la recherche met-elle actuellement l’accent au sein du département Biologicals de Syngenta?

Syngenta œuvre de manière très active dans les deux domaines, la bioprotection et la biosimulation.

Bioprotection

L’important, dans cette activité de recherche, c’est que les systèmes de test biologiques, qui doivent permettre au début un débit d’échantillons raisonnablement élevé, soient les plus proches possible des domaines d’application ultérieurs en serre ou en plein champ. Pour cela, Syngenta dispose de nombreux systèmes de test in vivo / in planta innovants en rythme de croisière. Lorsqu’elle cherche et développe de nouveaux produits, Syngenta poursuit diverses activités en interne, mais aussi des coopérations avec des groupes de chercheurs externes dans diverses institutions (entreprises, universités, etc.). C’est par exemple le cas de la coopération avec DSM, en Hollande. DSM n’est pas une entreprise du secteur agricole, mais offre à certains domaines une grande expertise et des technologies poussées qui complètent et soutiennent idéalement les travaux de Syngenta dans le domaine des agents biologiques. La coopération actuelle, qui a commencé en 2015, se déroule à merveille et promet de bons résultats.

Biostimulation

Depuis plusieurs années déjà ont lieu des coopérations très fructueuses dans le segment des biostimulants, avec des groupes de chercheurs dans différentes institutions. Nous sommes toujours à l’affût de projets communs et partenariats avec des start-ups pour faire avancer l’innovation dans le domaine des agents biologiques.

En faisant l’acquisition de Valagro en octobre 2020, Syngenta a largement renforcé sa présence sur le marché et sa position sur le segment des agents biologiques. Valagro fait partie des entreprises à la pointe des produits biologiques innovants et occupe une position de leader sur le marché des biostimulants. L’acquisition de Valagro et le renforcement du groupe s’inscrivent pleinement dans la stratégie de Syngenta Crop Protection AG, qui consiste à proposer aux agriculteurs des options complémentaires de produits et technologies durables pour améliorer la santé de leurs cultures, accélérer l’innovation dans la lutte contre les résistances et protéger les cultures des stress abiotiques tels que la chaleur ou le froid. Pour Valagro, la structure actuelle de Syngenta Crop Protection AG ouvre de nouvelles possibilités et opportunités d’élargir encore l’accès au marché mondial et de proposer aux agriculteurs du monde entier une série d’outils qui leur permettent d’améliorer la santé des sols, de diminuer les résidus dans les plantes et de répondre aux attentes croissantes de la société vis-à-vis de la production agroalimentaire.

Quels sont les défis de la protection biologique des cultures ?

Les agents biologiques doivent satisfaire toute une série d’exigences :

  • Tout d’abord, cette activité doit susciter la confiance. Elle doit être fiable et constante, dans les conditions les plus variées
  • Par ailleurs, les produits biologiques doivent aussi pouvoir s’insérer dans la pratique agricole conventionnelle. Ils doivent pouvoir être stockés pendant 1 à 2 ans. Les mélanges en cuves doivent aussi être possible. Pour l’utilisation des organismes vivants, ceux-ci doivent conserver leur action biologique à l’extérieur, dans les champs.
  • Ils doivent exister en quantité suffisante dans la nature et pouvoir être sourcés de manière durable. Par exemple, certains extraits de plantes sont exclus, car nous ne pouvons sacrifier la biodiversité au profit de nos solutions phytosanitaires. Mais bien souvent, il est possible de synthétiser ces extraits en laboratoire – leur mode de production permet donc d’éviter tout effet délétère sur la nature.

Les micro-organismes, surtout, recèlent un incroyable potentiel qui sera encore longtemps inexploité. La diversité des micro-organismes est presque infinie, et on appréhende tout juste une approche. La lutte contre les adventices au moyen d'agents biologiques est aussi un axe encore peu exploré. Dans ce domaine, pour l’instant, il n’existe pratiquement pas de solution satisfaisante, ni guère d’approches. Parmi les défis à relever à l’avenir, il faudra trouver des agents biologiques à pulvériser et qui montreront leur efficacité sur plusieurs adventices à la fois.

Entretien complémentaire avec Christian Saglini (directeur du marketing client Biologicals pour les marchés allemand, autrichien et suisse)

Christian Saglini

A ton avis, les agents biologiques remplaceront-ils dans le futur les méthodes de protection des cultures conventionnelles?

Biologicals sind kein „Allheilmittel“, sondern bleiben eine wichtige und an Bedeutung zunehmende Ergänzung zum synthetischen Pflanzenschutz. Denn auch künftig ist jede Art von Landwirtschaft darauf angewiesen, ihre Kulturen zu schützen, um die Produkte in der vom Konsumenten gewünschten Qualität zu einem erschwinglichen Preis herzustellen – egal ob ÖLN, IP ode Bio-Landbau. Biologicals können da als zusätzliche Tools für das Resistenzmanagement sehr nützlich sein.

Concrètement, comment un agriculteur suisse peut-il intégrer des agents biologiques dans sa palette de produits phytosanitaires?

En Suisse, nous proposons depuis 2018 aux viticulteurs un programme de traitement qui mise sur l’intégration de produits biologiques pour lutter contre les maladies de la vigne. Lorsque les conditions climatiques sont propices aux maladies, ils peuvent appliquer le programme de traitement Vario qui, après la fin de la floraison, s’effectue sans produits chimiques de synthèse. Entre le début de la période de végétation et la fin de la période de floraison de la vigne, les traitements sont appliqués conformément au programme de traitement conventionnel qui a fait ses preuves. C’est à ce moment que les premières infestations peuvent avoir lieu. Il est alors essentiel d’empêcher toute première atteinte de maladie fongique telle que le mildiou et l’oïdium grâce à des produits systémiques à l’efficacité éprouvée. Si, après la période de floraison de la vigne, les conditions favorables persistent avec des températures élevées et des averses de pluie régulières – conditions entretenant le risque d’infection–, nous recommandons de poursuivre avec le programme de traitement conventionnel jusqu’à la fin des pulvérisations en août.

Si, après la floraison, un climat chaud et sec limite en revanche le risque d’infection, le programme de traitement Vario peut être mis en œuvre, et permettra de lutter contre le mildiou et l’oïdium sans ajout d’agent chimique de synthèse. Cette méthode exige cependant des intervalles plus courts entre les pulvérisations, car elle est efficace moins longtemps que les produits conventionnels. Il faut donc prévoir davantage de traitements. Le risque d’infestation est plus important, tout comme le nécessaire travail d’observation.

L’efficacité des agents biologiques repose beaucoup sur le moment choisi pour l’épandage. L’agriculteur doit par exemple savoir quand l’infestation peut survenir et comment évoluent les populations d’insectes pour appliquer le traitement au bon endroit et au meilleur moment. Avec les agents biologiques, la fenêtre d’épandage et beaucoup plus restreinte et le risque d’erreur d’autant plus grand qu’avec les produits conventionnels de protection des cultures.